L’automne est là, les feuilles commencent à changer de couleur et tomber. J’aime beaucoup cette période de l’année, la nature se replie petit à petit et se prépare à l’hiver.

Chez moi je ressens la même chose, ce besoin de me tourner vers moi, de regarder à l’intérieur de moi, de prendre du temps pour moi pour laisser certaines choses partir pour que d’autres puissent renaitre.

J’ai envie de vous parler des pratiques qui me sont importantes et que je développe de plus en plus pour me faire du bien. Aujourd’hui j’ai décidé de vous parler de broderie et plus particulièrement du point de croix. Il n’y a pas de raison particulière mais je suis mon intuition … et en ce moment je suis en plein de dedans, j’ai repris plusieurs projets qui me tiennent à cœur.

 

Petite Histoire et évolution de la broderie

 

Il est intéressant de voir comment la broderie a évolué au cours de l’histoire en lien avec la place de la femme dans la société.

Le plus ancien fragment de broderie au point de croix date de 850 ap. J-C et nous vient d’Asie centrale. Au moyen-âge, pour passer le temps, les chatelaines copiaient au point de croix les motifs des tapis que leurs époux, entre 2 croisades, ramenaient d’Orient.

À la Renaissance, cette technique de broderie avec un point en forme de « x », se répand en Europe. Favorisée par l’église, elle devient une des bases de l’éducation féminine. Les jeunes filles s’entrainent à broder des grecs, des fleurs et des symboles religieux sur des morceaux de tissu que l’on appelle sampler ou marquoirs.

Au XVII siècle, dans les couvents, les femmes commencent à apprendre à écrire et à lire. Le marquoir avec différents alphabets brodés est une manière de s’exercer, il est décoré de fleurs et symboles religieux. Il prend petit à petit une forme de tableau.

Au XIXème siècle, Le point de croix devient la passion du siècle grâce au développement de l’industrie textile, des schémas colorés et de la publication de journaux féminins. Le point de croix est enseigné dans les écoles, il est alors le passe-temps des femmes de tous âges et de toutes classes.

Au début du XX siècle, le point de croix est délaissé par les femmes au profit d’autres points plus libres et nait un engouement pour la broderie blanche. Avec l’évolution de la place de la femme dans la société, le point de croix tombe dans l’oubli. La femme s’engage dans les grandes luttes pour le droit à l’égalité juridique et morale avec l’homme. Elle n’a plus le temps ni l’envie de broder, et se détache de cette activité trop féminine.

A partir des années 80, le point de croix revient en force avec des dessins plus modernes. La broderie d’aujourd’hui devient de plus en plus tendance. Facile d’accès et peu couteuse elle revient au-devant de la scène. Tout le monde peut apprendre à broder avec un peu de temps et de patience. Il suffit de voir sur Instagram comme la broderie est présente avec les personnes qui postent et partagent leurs ouvrages. On y voit d’ailleurs de plus en plus d’ouvrages militants avec la broderie utilisée comme moyen d’expression d’idées féministes. La broderie d’aujourd’hui est un plaisir retrouvé, créatif et engagé. Elle témoigne de traditions et d’évolutions. 

Pourquoi broder aujourd’hui, ou pourquoi je brode 😀

 

  • Pour être hors du temps

Depuis toute petite j’aime être transportée dans un univers chargé d’histoire. Un jour petite ma marraine m’a offert un livre sur Monet et je suis tombée amoureuse de ses peintures et de cette époque. J’ai demandé à ma maman de visiter tous les musées de Paris où il y avait des œuvres de Monet, j’étais comme plongée dans cette époque, je baignais dans un univers chargé d’histoire et j’adorais ça !

Les travaux d’aiguilles me donnent cette sensation d’être hors du temps. Il y a quelque chose dans le domaine des arts du fils qui me replonge dans une époque, un univers chargé d’Histoire que j’adore.

 

  • Pour développer sa créativité :

Quand nous avons déménagé à l’étranger, changé de vie et en même temps je suis devenue maman. J’avais cette envie de créer des objets pour mes enfants, ce besoin de trouver mon univers où je puisse m’épanouir. Attirée par les travaux d’aiguilles, j’ai voulu essayer le point de croix.  Et là j’ai découvert une passion ! J’ai retrouvé ce plaisir de créer, de raconter des histoires par le fait mains où notre imagination est notre seule limite.

 

  • Pour le plaisir

Le plaisir de voir les points dessiner un motif sur la toile. Le plaisir de prendre un moment pour soi où on est concentré sur son projet créatif. Le plaisir de se plonger dans un univers particulier. En brodant, je m’invente mon monde, mon univers pleins de charme, reflet d’un savoir-faire artisanal et culturel témoins du passé. Mais surtout ce que j’aime c’est pouvoir donner vie à ce petit monde et le partager, faire plaisir aux autres en partageant mon univers. Mais aussi, Le plaisir de partager avec d’autres passionnées et de faire de belles rencontres.

 

  • Pour méditer

Le geste de piquer l’aiguille dans la toile, dessus dessous pour former des motifs, est relaxant. La broderie m’aide à faire le vide, prendre du recul. À me connecter à l’instant présent. C’est un point d’ancrage qui me permet de me connecter à des émotions et pensées positives. Broder m’aide à aller à ma rencontre, d’explorer mon potentiel et mon intériorité.

 

  • Pour renouer avec son féminin sacré

Il y a pour moi au travers de l’utilisation du tambour à broder beaucoup de symbole du féminin sacré : les cercles de femmes mais aussi notre nature cyclique. La broderie est une façon de me connecter aux autres femmes du passé et aux femmes d’aujourd’hui. Prendre le temps de broder, c’est une façon de me connecter à ma force créatrice et la laisser s’exprimer. C’est enfin une façon aussi de m’affirmer en tant que femme, d’incarner mon énergie féminine et ma liberté d’être une femme en toute intégrité dans une société où le rendement, la productivité et la compétitivité sont mis en avant.

 

Et toi, aimes-tu broder ou exerces-tu une autre activité manuelle qui t’apporte du bien être ? Partage-nous ton expérience …